Mise à jour de l'analyse de la survie des patients de l'étude MORE

Les données confirment que la radiothérapie interne sélective (SIRT) est sûre et efficace et qu'elle offre un bénéfice clinique aux patients, quel que soit leur âge

L'affiche présentée lors du récent Symposium sur les cancers gastro-intestinaux de l'ASCO par le Dr Andrew Kennedy fournit une mise à jour de l'analyse de la survie des patients de l'étude MORE chez les patients présentant un cancer colorectal métastatique avancé à dominante hépatique traités par radiothérapie interne sélective (SIRT) à l'aide de microsphères en résine (SIR-Spheres®) marquées à l'yttrium-90 (90Y).

La radio-embolisation (RE) à l'yttrium-90 (90Y), un autre nom de la SIRT, était envisagée si les patients présentaient un cancer colorectal métastatique avancé à dominante hépatique qui ne pouvait pas être traité par intervention chirurgicale, thérapie systémique, ou ablation, lorsque la maladie avait progressé ou lorsque les patients étaient devenus réfractaires à au moins une ligne de traitement systémique.

Les patients avaient reçu une médiane de 2 lignes de traitement par chimiothérapie systémique (plage de 0 à 6) avant le traitement par radio-embolisation (RE) à l'yttrium-90 (90Y) seul.

Tous les patients présentant un diagnostic de cancer colorectal métastatique qui avaient reçu au moins 1 traitement par RE et 1 visite de suivi ont été inclus dans cette analyse.

Les données sur les caractéristiques de départ, l'historique des traitements et les événements indésirables ont été recueillies lors de l'inclusion, lors du premier traitement par RE au 90Y, ainsi qu'à chacune des visites suivantes ou jusqu'au décès du patient. La survie a été calculée à partir de la première journée de traitement par RE au 90Y (jour 0) jusqu'au jour du décès ou de la dernière visite de suivi. Les dossiers médicaux des patients et/ou les dossiers publics ont été consultés pour obtenir la date du décès.

Résultats

Une surveillance prolongée de la survie des patients de l'étude MORE a été menée jusqu'en septembre 2016. Au cours de cette analyse, le Dr Kennedy et ses collègues ont obtenu les dates de décès concernant 71 patients supplémentaires.

La méthode de Kaplan-Meier a été utilisée pour obtenir des estimations mises à jour de la survie globale de tous les patients. 45 % des patients étaient encore en vie un an après le traitement par RE au 90Y mais moins de 10 % étaient encore en vie 3 ans après le traitement.

La médiane mise à jour de survie était de 10,0 mois (IC à 95 % : 9,2-11,8) avec un suivi médian de 9,5 mois versus 9,6 mois (IC à 95 % : 9,0-11,1) avec un suivi médian de 8,6 mois comme indiqué dans la première analyse de l'étude MORE.

Le Dr Kennedy a déclaré :

"Lors du Symposium sur les cancers gastro-intestinaux de l'ASCO®, nous avons présenté des données sur le suivi le plus long des patients atteints de CCRm après traitement par microsphères en résine (SIR-Spheres®) marquées à l'yttrium-90 (90Y). Les données confirment nos constatations originales, à savoir que la SIRT est sûre et efficace, et qu'elle offre un bénéfice clinique significatif aux patients, quel que soit leur âge."

Le professeur Ricky Sharma, président de SUN a déclaré :

"Les essais cliniques incluant des personnes âgées sont particulièrement utiles puisque les essais cliniques traditionnels ne représentent pas bien cet important groupe de patients. Nous savons d'après nos expériences cliniques que la SIRT peut être utilisée en toute sécurité chez les personnes âgées. Ces données le confirment et démontrent son efficacité. Les données de l'étude MORE montrent à quel point la SIRT est bien tolérée, quel que soit l'âge des patients. Il est également important de noter que la SIRT peut constituer un traitement autonome efficace lorsque la chimiothérapie ne fonctionne plus. Dans ce contexte, l'alternative s'appelle un traitement de "sauvetage" et il peut être mal toléré. La SIRT semble constituer une alternative favorable à envisager et à discuter en détail avec les patients appropriés."

L'étude MORE

L'étude MORE était une analyse rétrospective menée sur 606 patients présentant un cancer colorectal métastatique avancé à dominante hépatique traités par RE en utilisant des microsphères en résine (SIR-SpheresASCO®) marquées à l'yttrium-90 (90Y).

Les patients ont été traités de façon consécutive entre juillet 2002 et décembre 2011 dans l'un des 11 centres expérimentés de RE aux états-Unis. Un organisme de recherche sous contrat indépendant était chargé de recueillir des données auprès de chaque site. Tous les centres ont reçu l'approbation du Comité de protection des personnes pour cette étude.

Une nouvelle analyse réaffirme que le traitement par radiothérapie interne sélective (SIRT) produit les mêmes résultats, quel que soit l'âge des patients

La sélection des patients ne doit pas inclure le critère d'exclusion en raison de l'âge

Une nouvelle analyse de la banque de données MORE concernant 606 patients atteints d'un cancer colorectal clinique avec métastases (mCRC) traités par les microsphères en résine marquées à l'yttrium-90 (Y-90) SIR-Spheres, qui vient d'être publiée dans le journal Clinical Colorectal Cancer, réaffirme que l'âge des patients n'est pas un obstacle au traitement par SIRT approprié.

Selon la conclusion du rapport, chez les patients atteints de mCRC avec métastases au foie non résécables remplissant les critères d'éligibilité pour la radio-embolisation (RE), les microsphères en résine marquées à l'Y-90 SIR-Spheres s'avèrent être efficaces et bien tolérées, quel que soit l'âge.

L'étude conclut que la sélection des patients pour traitement par RE ne doit pas exclure les personnes âgées.

Le chercheur principal de l'étude, le Dr Andrew S. Kennedy, MD, Directeur de recherche en radio-oncologie à l'Institut de recherche Sarah Cannon, a déclaré que l'analyse des données de l'étude MORE confirmait que l'âge seul ne devait pas être un critère d'exclusion pour le traitement de patients par les microsphères en résine marquées à l'Y-90 SIR-Spheres.

Globalement, l'étude a révélé que la radio-embolisation à l'Y-90 était aussi bien tolérée chez les patients âgés (≥ 70 ans) et très âgés (≥ 75 ans) admissibles que chez les patients plus jeunes ; par ailleurs, elle n'a révélé aucun risque accru de maladie du foie ou de dysfonctionnement hépatique induit par la radio-embolisation chez les personnes âgées évaluées jusqu'à 90 jours après le traitement.

De manière générale, le nombre d'événements indésirables de grade 3+ est resté faible après une radio-embolisation à l'Y-90. Une fatigue légère à modérée était légèrement plus présente chez les patients âgés que chez les patients plus jeunes, bien que les différences entre les groupes ne soient pas significatives en termes de statistiques.

Points de pratique clinique tirés de l'étude:

  • Les patients atteints de mCRC âgés de plus de 65 ans constituent au moins 60 % des nouveaux cas chaque année ; 36 % de ces patients sont âgés de 75 ans et plus. Toutefois, pour différentes raisons, les patients de plus de 70 ans (les 'personnes âgées') ne reçoivent pas de thérapie anticancéreuse aussi intensive que celle administrée aux patients plus jeunes atteints de mCRC.
  • Les patients âgés sont souvent non admissibles dans les études cliniques en mCRC, d'où un manque de connaissance quant au traitement qui leur serait optimal.
  • Il n'existe qu'un seul autre rapport dans la littérature actuelle sur les patients âgés traités par SIRT, et cette étude n'a été conduite que sur un nombre modeste de participants. L'admissibilité au traitement et l'approche adoptée pour administrer les rayons sont identiques à celles de l'étude actuelle.
  • L'étude actuelle offre des informations considérablement détaillées sur le traitement et ses résultats, et elle a évalué quatre fois plus de patients que l'étude précédente. En outre, elle fournit de nouvelles données sur 95 patients âgés de plus de 75 ans au moment du traitement.
  • De manière générale, les données nouvelles comme les données complémentaires publiées permettent de proposer avec confiance une radiothérapie du foie aux patients de plus de 70 ans. Actuellement, la prise en charge de ces patients n'est pas suffisante. En conséquence, cette approche va sans nul doute s'avérer bénéfique à la qualité comme à la durée de vie des patients âgés.

Référence : Kennedy AS, Ball DS, Cohen SJ et al. Sécurité et efficacité de la radio-embolisation chez les patients âgés (≥ 70 ans) comparé à des patients plus jeunes atteints d'un cancer colorectal avec métastases au foie non résécables. Clinical Colorectal Cancer 2 nov. 2015 ; ePub doi: 10.1016/j.clcc.2015.09.001

Analyse MORE

Cette étude rétrospective a évalué 160 patients âgés (≥ 70 ans) et 446 patients plus jeunes (< 70 ans) consécutivement traités par radio-embolisation utilisant des microsphères en résine marquées à l'yttrium-90 (Y-90) (radio-embolisation Y-90 [RE-Y-90]), de juillet 2002 à décembre 2011 dans 11 établissements aux états-Unis. Une sous-analyse a été conduite sur 98 patients très âgés (≥ 75 ans).

Les moyennes d'âge (± déviation normalisée) des cohortes jeunes (< 70 ans), âgées (≥ 70 ans) et très âgées (≥ 75 ans) étaient respectivement de 55,9 ans ± 9,4 ans, 77,2 ans ± 4,8 ans et 80,2 ans ± 3,8 ans. La survie globale chez les patients âgés et le groupe plus jeune a été similaire : 9,3 mois (intervalle de confiance [CI] 95 %, 8,0-12,1) contre 9,7 mois (CI 95 %, 9,0-11,4) (P = 0,335). Les résultats entre les deux cohortes ont été identiques en terme d'événements indésirables de n'importe quel grade (P = 0,433) et d'événements indésirables de grade 3+ (P = 0,482). L'analyse des deux cohortes (≥ 75 ans et < 75 ans) a confirmé un taux identique de survie globale (médiane de 9,3 mois contre 9,6 mois ; P = 0,987) et d'événements indésirables de grade 3+ (P = 0,398) et de n'importe quel événement indésirable (P = 0,158) dans les 90 jours qui ont suivi le traitement RE.

FLASH INFO:
Résumé de l'étude SIRFLOX
publié par l'ASCO

La Société américaine d'oncologie (ASCO) a publié ce résumé de l'étude SIRFLOX dans le cadre de sa réunion annuelle pour 2015. Cette étude a révélé une amélioration significative sur le plan statistique de la survie sans progression (SSP) moyenne du foie lorsque la chimiothérapie à base de FOLFOX (avec ou sans le médicament biologique bevacizumab) est associée à la radiothérapie interne sélective (SIRT) en ayant recours aux microsphères en résine marquées à l'yttrium-90 (Y-90) comme traitement de première ligne pour les patients atteints de tumeurs hépatiques consécutives à des métastases provenant d'un cancer des intestins.

Voici un condensé des points saillants de l'étude SIRFLOX:

  • L'étude SIRFLOX n'a pas démontré une amélioration statistique significative de la survie globale.
  • L'étude SIRFLOX montre une amélioration de 7,9 mois (20,5 mois contre 12,6 mois) dans la survie sans progression moyenne du foie chez les patients dont le traitement incluait les SIR-Spheres®, microsphères en résine marquées à l'Y-90.
  • Chez les patients dont le traitement incluait les microsphères SIR-Spheres®, on a constaté une baisse de 31% du risque de progression (HR=0,69) de la tumeur dans leur foie au cours de la durée de l'étude.
  • Les auteurs de l'étude confirment que la survie sans progression moyenne du foie était considérablement prolongée et que l'ajout des microsphères SIR-Spheres® représentait un niveau de toxicité acceptable.

Selon les experts cliniques, de nouvelles informations importantes émergeront de la présentation orale du résumé de l'étude, informations qui permettront une plus grande compréhension des répercussions et de l'impact de l'étude SIRFLOX pour les microsphères en résine marquées à l'Y-90 SIR-Spheres® dans le cadre du traitement en première ligne du cancer colorectal métastatique, et la manière dont cela pourra ê tre appliqué à la pratique clinique.

Panorama du résumé de l'étude SIRFLOX

Dans le traitement en première ligne des patients souffrant de métastases hépatiques non résécables d'un cancer colorectal, l'ajout de la SIRT à la chimiothérapie standard n'a pas amélioré la survie globale.

Les résultats de l'étude SIRFLOX ont révélé une amélioration statistique significative dans la survie sans progression (SSP) moyenne du foie. La SSP moyenne indiquée était de 20,5 mois dans le cadre du traitement ajoutant les microsphères SIR-Spheres® à la chimiothérapie FOLFOX6m avec ou sans le médicament biologique bevacizumab par rapport à 12,6 mois pour le FOLFOX6m seul, avec ou sans bevacizumab, avec une valeur p=0,002 et un facteur de risque HR=0,69.

Cela veut dire une probabilité de 0,2% que ce résultat soit uniquement dû au hasard et une baisse de 31% du risque de progression de la tumeur dans le foie pour les patients dont le traitement incluait les microsphères SIR-Spheres® pendant l'étude.

Le taux de réponse complète dans le foie était de 6% dans le cas de l'ajout des microsphères SIR-Spheres® au FOLFOX6m avec ou sans bevacizumab, par rapport à 1,9% dans le cas du FOLFOX6m seul, avec ou sans bevacizumab, avec une valeur p=0,002. Ce résultat indique que les patients qui ont bénéficié des microsphères SIR-Spheres® dans le cadre de leur traitement ont vu tripler le taux de disparition complète des tumeurs dans leur foie, par rapport aux patients qui n'ont pas bénéficié des microsphères SIR-Spheres®.

Les données relatives à la survie globale dans l'étude SIRFLOX seront mises en commun avec celles des études FOXFIRE et FOXFIRE Global afin d'obtenir une puissance statistique suffisante, avec plus de 1000 patients dans le monde, pour démontrer une différence statistique dans la survie globale entre les microsphères SIR-Spheres® et les contrôles. Une analyse de la survie globale dans le cadre de l'étude SIRFLOX ne peut pas ê tre réalisée pour l'instant en raison de (a) biais et (b) de puissance statistique insuffisante dans ces études. Les données relatives à la survie globale devraient ê tre disponibles en 2017.

À propos de l'ASCO

Le Congrès de l'ASCO à Chicago rassemble 30 000 professionnels de l'oncologie dans le monde entier. Lors de séances éducatives, des professeurs de renommée mondiale discutent des modalités de traitement à la pointe de la recherche, des nouvelles thérapies et des polémiques en cours dans la domaine. Des séances scientifiques présentent les recherches les plus récentes à la pointe de l'innovation, sous forme de présentation orale et d'affiches.Les données de l'étude SIRFLOX seront présentées à l'ASCO par le Dr Peter Gibbs lors d'une séance de présentation orale qui débutera à 15h00 le samedi 30 mai 2015. À propos de SIRFLOX L'étude SIRFLOX est une étude internationale randomisée, contrôlée, multicentrique, réalisée sur plus de 500 patients souffrant d'un cancer colorectal non résécable qui s'est transmis au foie seul ou également à quelques autres organes, dont les ganglions lymphatiques et les poumons.

L'étude a été réalisée dans plus de 100 hôpitaux en Australie, en Europe, en Israë l, en Nouvelle-Zélande et aux États-Unis. SIRFLOX est la première grande étude randomisée et contrôlée qui étudie l'utilisation de la radiothérapie interne sélective (la SIRT, appelée aussi radioembolisation) dans le traitement des métastases hépatiques du cancer colorectal. Pour en savoir plus, veuillez consulter www.sirflox.com



Cliquez ici pour lire le résumé de l'ASCO
Forum

Il existe un forum réservé aux cliniciens participant à la procédure SIRT afin de les aider à partager leurs pratiques et leurs expériences.

Cliquez ici pour vous inscrire ou vous identifier

Informations sur le patient

Il existe un site dédié aux patients SIRT du Royaume-Uni, à leur famille et à leur personnel soignant qui s'appelle My SIRT Story.

Cliquez ici pour en savoir plus